Collège Clinique Toulouse

Nouveau module d'enseignement : Extension-Institutions

Vers les institutions une extension du Collège clinique de Toulouse

 
Les institutions médicales, éducatives et médico-sociales reçoivent aujourd'hui des sujets, patients ou usagers, qui présentent des symptômes et des difficultés qui peuvent mettre leur personnel à l'épreuve. Qu'il s'agisse d'enfants, d'adolescents, d'adultes ou de personnes âgées, les professionnels qui en ont la charge sont souvent en proie à un sentiment d'impuissance voire de solitude lorsque la parole, le rappel de la loi ou le médicament ne suffisent plus. Le refus, la peur et le passage à l'acte sont souvent au rendez-vous.
Notre époque connaît la remise en cause des structures sociales et des institutions qui les incarnaient. On assiste à une recrudscence de discours qui ne font pas lien et qui au contraire délitent le vivre ensemble. L'évolution du lien social, sa fragmentation, sa précarité, modifient le paysage institutionnel et les conditions d'accueil. Comment peut-on dans une institution faire lien social ? Or l'insupportable qu'un professionnel rencontre dans son travail est en rapport avec l'impossible dont le patient ou l'usager est lui-même prisionnier. C'est en s'attachant aux menus détails de son lien aux objets, au corps et à l'Autre que s'ouvre la possibilité d'y trouver un traitement de l'angoisse. Ici, les enseignements de la psychanalyse et son approche pragmatique de la clinique trouvent leur pertinence.
 
Nous aborderons les questions suivantes sur le plan théorico-clinique et à partir de cas présentés par un praticien en institution, notamment :
  • Comment faire avec les urgences subjectives ?
  • A quelles conditions un patient peut-il accepter l'offre de soin qui lui est faite ?
  • Comment proposer et assurer une présence ? De quoi est-elle faite ?
  • Que faire, quand le patient ne nous laisse pas mettre en pratique ce que nous avons appris ?
  • Commen travailler à plusieurs ?
  • Comment le dispositif institutionnel peut-il répondre concrètement à la singularité de chaque cas tout en répondant à sa mission sociale ?
Présentation
 
Trois demi-journées sont proposées le vendredi après-midi.
Deux temps composent l'après-midi de formation :
  • Conférence théorio-clinique de 14h à 15h30, faite par un enseignant du Collège clinique exerçant ou ayant exercé des responsabilités thérapeutiques en institution.
  • Pragmatique du cas en institution de 15h30 à 17h, où un cas est présenté par un praticien exerçant en institution, puis commenté et discuté.
 
 
Programme
 
  • Le 17/01/2020 : Comment faire avec ceux qui passent à l'acte ?
Lorsqu'un sujet passe à l'acte, il rompt avec l'autre, il rompte le lien social. Parfois totalement absent à lui-même au moment de son acte, il peut rester sans aucun souvenir de l'évènement, comme s'il ne s'était rien passé.
Le passage à l'acte est souvent imprévisible, il fait effraction et peut engendrer la peur autour de lui. Dès lors, comment se positionner, cooment manoeuvrer dans la relation de façon à ce que cet évènement ne se répète pas ? Et aussi, comment ne pas le provoquer ?
Nous aurons sur le plan théorico-clinique à différencier le passage à l'acte de l'acting-out et de l'acte lui-même. Le passage à l'acte est une sortie de scène, le sujet se sépare de l'Autre. C'est l'exemple du suicide, dont celui, paradigmatique, du mélancolique, mais aussi celui des actes violents sur l'entourage et la destruction des objets. Le passage à l'acte va contre l'Autre.
L'acting-out, à l'inverse, est adressé à l'Autre, c'est la montée sur la scène de ce que le sujet n'arrive pas à dire ; il montre souvent à son insu un réel insupportable. La tentative de suicide, comme le vol, le défi, etc. peuvent également en relever.
Quant à l'acte, il se réfère au dire, il fait coupure, il produit un avant et un après. Il est sans garantie de l'Autre puisqu'il rompt avec celui-ci. C'est l'acte emblématique de Caesar franchissant le Rubicon, c'est aussi bien celui du praticien ou de l'analyste. Ce n'est que dans l'après-coup, à partir de ses conséquences, qu'on en aperçoit la nature
 
  • Le 03/04/2020 : Comment entendre ce qui se répète, ce qui récidive, comment entendre les rechutes ?
Malgré les encouragements, les suggestions, les offres éducatives, les offres de soins, les médicaments, les rappels du cadre institutionnel, les équipes sont souvent tentées de dire "ce patient n'est pas pour nous", et donc de supposer qu'une autre instance, une autre institution serait mieux adaptée. Mais qu'en est-il quand l'institution se trouve au terme du parcours ?
La psychanalyse enseigne que le sujet ne recherche pas nécessairement son propre bien. Un réel qui lui est propre insiste, la pulsion de mort est à l'oeuvre. Ici, une attention aux mots, aux détails, à ce qui marche et ce qui ne marche pas est indispensable pour retrouver une confiance et renouer le lien à l'Autre. Quel est l'Autre que l'institution peut alors venir incarner pour répondre à la déréliction et comment, si c'est bien le sujet lui-même qui a à traiter ce qui lui est impossible à supporter ?
 
  • Le 19/06/2020 : Comment faire avec ceux qui décrochent ?
Les professionnels sont de plus en plus souvent confrontés à des sujets qui décrochent (école, travail, famille), qui ne font pas ou ne font plus confiance (réticence, rejet de toute prise en charge perçue comme injonctive, rejet de toute contrainte), d'autres enfin qui ne sont pas motivés, comme si, gagnés par l'ennui ou la capture d'un seul objet, leur désir s'est éteint.
Cette nouvelle forme de malaise ou d'inadéquation se présente souvent comme un binaire : ou bien l'apathie, ou bien le phénomène d'agitation incessante qui ne fait pas encore symptôme. N'est-elle pas caractéristique d'une époque où le sujet sans cesse tourné vers ce qu'il pourrait acquérir sur le modèle du marché, se trouve délesté d'une parcelle d'intériorité autant élémentaire que précieuse : un rapport à soi à minima, un questionnement sur soi, susceptible de permettre l'ouverture du rapport à l'autre.
Qu'est-ce qu'une parole qui changerait la donne pour eux ?
Si ces sujets ne sont pas en demande, comment ne pas occulter qu'ils sont en attente ? En attente qu'on leur donne leur désir.
 
Incriptions
  • Prise en charge par l'institution
Une demi-journée : 60 euros
Les trois demi-journées 160 euros
 
  • Inscription individuelle
Une demi journée : 30 euros
Les trois demi-journées : 90 euros
 
Contact et coordination
 
Christiane Alberti - Tél. : 05 61 14 69 80
alberti2@wanadoo.fr
 
 



 
 

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